L’OPC mobilise institutions et acteurs pour renforcer l’accès à la justice des femmes et des filles victimes de violences sexuelles
- Mackenson Sylvain
- 06 Dec, 2025
Dans le cadre de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a réuni, le vendredi 5 décembre 2025 à l’Hôtel Montana, des représentants d’institutions publiques, d’organisations internationales et de la société civile autour d’un atelier consacré à l’accès à la justice pour les survivantes de violences sexuelles.
L’activité a été ouverte par le propos de bienvenue de Madame Esther Presumé, qui a salué la mobilisation des différents acteurs autour d’une problématique urgente et structurelle touchant profondément la société haïtienne.
Prenant la parole, la cheffe de l’Unité Gouvernance du PNUD en Haïti, Madame Defeliz-Désir, a insisté sur le lien étroit entre l’État de droit, la dignité humaine et l’accès effectif à la justice. Elle a rappelé que les violences sexuelles constituent de graves violations des droits humains, aggravées par l’insécurité généralisée, l’effondrement des services publics essentiels, la fragilisation des familles et la perte de confiance dans le système judiciaire.
Le conseiller du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), Monsieur Wando St-Viller, a pour sa part souligné le caractère universel de la lutte contre les violences faites aux femmes, citant une affirmation forte de l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, selon laquelle cette violence n’est jamais acceptable, jamais excusable et jamais tolérable. Il a appelé à une responsabilité partagée guidant l’action de toutes les institutions.
La Ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes est également intervenue pour rappeler que les 16 jours d’activisme constituent une campagne mondiale qui, chaque année, interpelle les États sur l’égalité des droits comme exigence démocratique, impératif de justice sociale et fondement du développement durable.
Dans une allocution marquante, le Protecteur du citoyen, Monsieur Jean Wilner Morin, a rappelé que l’OPC est une institution constitutionnelle indépendante, créée par la Constitution de 1987 et encadrée par la loi organique de 2012. Il a souligné la mission de l’institution dans la défense des droits des citoyennes et citoyens contre les abus de l’administration publique, à travers la médiation, l’enquête et la recommandation.
S’adressant à l’auditoire, il a dénoncé une réalité douloureuse et persistante : trop de femmes et de filles continuent de vivre dans la peur, le silence et l’injustice. Il a insisté sur le fait que les violences sexuelles ne sont pas de simples infractions, mais des crimes graves portant atteinte à la dignité humaine et causant des blessures profondes, souvent irréversibles.
Le Protecteur du citoyen a également mis en lumière les nombreux obstacles entravant l’accès à la justice, notamment la peur de représailles, la stigmatisation sociale, le manque d’infrastructures adaptées, l’insuffisance de ressources, la faiblesse de la formation du personnel judiciaire et la lenteur institutionnelle qui décourage les victimes.
Évoquant des cas récents, il a dénoncé l’impunité persistante et les pressions exercées sur les victimes et leurs familles, qualifiant la situation de révolte nationale. Face à cette réalité, l’OPC a lancé un appel solennel à l’ensemble des acteurs de la justice, à la Police nationale d’Haïti, aux organisations de la société civile et aux institutions concernées, afin de former un front commun contre les prédateurs et les mécanismes de protection de l’impunité a-t- il déclaré.
L’atelier a donné lieu à des échanges participatifs, au cours desquels les participants ont partagé analyses, expériences et recommandations. Les travaux se sont articulés autour de quatre axes majeurs : le plaidoyer et le rôle des organisations de la société civile, le système judiciaire et la réponse pénale, le rôle de la Police nationale et les mécanismes de protection, ainsi que les réformes institutionnelles et législatives nécessaires.
La cérémonie de clôture a été marquée par l’intervention du Directeur général de l’Office de la Protection du Citoyen, Monsieur Jude Jean-Pierre, qui a réaffirmé la volonté de l’institution de renforcer les mécanismes de coordination, d’améliorer la réponse judiciaire fondée sur les droits humains et d’encourager une dynamique durable au sein des institutions et des communautés. Il a exprimé l’espoir que les résultats de cet atelier se traduiront par des changements mesurables, concrets et durables,
et Remerciant l’ensemble des partenaires et participants pour leur engagement, il a officiellement déclaré la clôture de l’atelier, marquant ainsi une étape importante dans la lutte pour l’accès à la justice et la protection des femmes et des filles en Haïti.
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